If you were a wink, I'd be a nod. [ All I want is you, Juno's BO ] XXX

Il fait beau, c'est super, et vous devriez avoir autre chose à faire que de rester devant votre ordi. NAN MAIS OH. Et moi aussi d'ailleurs. là je devrais être en train d'envoyer mes cv et lettres de motiv' (enfin finis! youhou!) pour mon stage de cet été (que j'ai probablement déjà trouvé =D), mais comme je suis anormale, et ben non. Vive sky'.
Du coup vous avez une suite (et celle qui suit n'est pas encore écrite. OGM, il faut que je m'y mette.)
Et puis profitez-en, pour une fois que c'est long...

Ce qui s'est passé me paraît irréel. Je n'ai qu'une envie, rentrer me blottir dans le seul endroit de cette ville qui me soit familier, et dormir.
Je frappe un coup contre la porte. Aucune réponse. Je recommence, deux coups cette fois. Toujours rien. Trois coups. La porte s'ouvre sur Marlène, surprise.

« Comment avez-vous trouvé le code ?
- Quel code ?
- Celui pour rentrer. Un, deux, trois. Comment avez-vous su ?
- Je ne savais pas.
- Entrez. »

Elle me laisse passer et referme. Hébété, je la suis dans la cuisine. Cela m'étonne de la trouver dans le même état que la veille. Ce qui vient de se passer m'a tellement perturbé que je suis surpris de voir que rien n'a changé. J'ai avancé, le reste a stagné.
Je me laisse tomber sur la même chaise qu'hier, et Marlène dépose devant moi une assiette de ragoût. Je ne sais pas si je serai capable de l'avaler. Sa simple odeur me donne des haut-le-c½ur.

« Vous n'êtes pas obligé de manger, mais vous devriez. »

Elle s'assoit en face de moi, et remonte ses genoux contre sa poitrine, ne formant plus qu'un tas informe dans sa robe ocre. Seuls ses cheveux contrastent avec la couleur orangée que la lueur de la bougie donne à l'ensemble de la pièce. Je la regarde, mais ce que je vois, ce sont deux formes sombres qui me fixent, s'entrechoquent et tombent, sur quatre corps déjà étendus. Inlassablement, la même scène se répète devant mes yeux, dans mes yeux, dans ma tête.

« Vous êtes en état de choc, c'est normal. Mais ça passera. Un jour, vous cesserez de les voir. Vous n'oublierez pas, mais vous apprendrez à vivre avec. Et cela vous rendra plus fort.
- Je ne suis pas un meurtrier.
- Non. Vous êtes un justicier. Un résistant. Un héros. Ce que vous avez fait, bien peu y sont arrivé. Vous avez sauvé des vies. C'était vous ou eux. Et il vaut mieux que ce soit vous. »

Sans pouvoir me retenir, comme si je ne contrôlais plus mon corps, je me mets à pleurer. Marlène se lève, rapproche une chaise de la mienne, s'y assoit, et me prend dans ses bras. Je me laisse aller à inonder sa robe. Dans sa chaleur rassurante, je me déleste de tout ce qui me pèse. Mon voyage dans le néant et ma peur d'y rester. Mon arrivée dans cette ville et ma crainte d'être tué. Mon incontrôlable exploit de tout à l'heure face aux sombreros. Et aussi Juliette, que je ne reverrai probablement jamais. Ma vie parisienne et ses nuits débridés qui font désormais partie du passé. Ma famille désunie et ses stupides réunions bisannuelles au fond de l'auvergne. Mes aventures d'un soir et la mort de mon chien. Mes erreurs de jeunesse, et, plus que tout, l'impression de vide qui remplit ma vie. J'ai vingt-deux ans et c'est la première fois qu'il m'arrive quelque chose.
Tout ça, je le laisse partir dans les litres d'eau salée qui s'évadent de mes yeux. Marlène, pendant tout ce temps, ne dit rien. Elle continue à me serrer dans ses bras, en se balançant doucement d'avant en arrière. Elle a l'étreinte rassurante de ma mère, celle, cajoleuse, de mon amante, et aussi celle, compatissante, de ma s½ur. Là, contre elle, sous la douce protection des battements de son c½ur, je suis enfin en sécurité. Alors je pleure, je pleure et je me vide, parce que j'ai le droit.
Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi, moi sanglotant, elle m'enlaçant. Mais, à un moment donné, tout s'arrête. Ou plutôt, tout recommence. Le temps passe à nouveau normalement. Et je me sens bien. Je me décolle d'elle, conscient de l'aspect gênant de la situation.

« Ça va mieux ?
- Oui. Désolé.
- Ne le soyez pas. Vous avez plutôt bien réagi, pour quelqu'un dans votre situation. Vous avez choisi d'évacuer.
- Merci. Et désolé pour votre robe.
- J'en ai d'autres. Vous voulez que je vous le réchauffe ? »

Du menton, elle désigne le ragoût. Maintenant, je me sens capable de l'avaler. Alors j'acquiesce.
If you were a wink, I'd be a nod. [ All I want is you, Juno's BO ] XXX

# Posté le dimanche 08 mars 2009 07:24

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:50

Intermède #7 : Merci.

Intermède #7 : Merci.
Un an.

Trente articles.

Deux mille deux cent vingt-quatre visites

Sept cent cinquante-trois commentaires.

Merci.



Taguée par Elle (que c'était moi qui l'avait au préalable taguée, soit dit en passant, avec mon autre blog), je m'incline.

Je me suis mise aux mangas sho'jo, et mon préféré est Crossroad.
J'ai eu mon permis le 08/08/08.
J'adore le bleu du ciel.
Je mange des pâquerettes.
Le
jour où je maîtriserai les battements de Effect and cause, ça sera génial.
J
e suis vraiment contente d'avoir commencé cette fiction, de ce qu'elle m'a apporté, des rencontres qu'elle m'a fait faire, et je suis contente qu'elle ai duré aussi longtemps, et j'espère que ça continuera, et que vous serez toujours .
E
ncore une fois, merci.

Et comme aujourd'hui est un jour scial, je ne tague personne.

# Posté le mercredi 11 mars 2009 05:10

Modifié le dimanche 19 avril 2009 11:00

Par exemple, quand on est victime d'un meurtre, on y survit pas. [ John Irving, L'hôtel New Hampshire ] XXXI

Par exemple, quand on est victime d'un meurtre, on y survit pas. [ John Irving, L'hôtel New Hampshire ] XXXI
Figurez-vous que j'ai récemment été prise d'une fièvre écrivatrice délirante, le genre de truc qui ne m'était jamais arrivé, je crois. Mais l'autre jour, alors que j'entamais ma huitième page en cinq jour (je vous assure, c'est énorme pour moi !), ce crétin d'Arnaud a cru bon de dire un truc qui a remis la suite de l'histoire en question. Je vais pas vous dire quoi, ça gâcherait la surprise. Toujours est-il qu'il a dit ça (je sais, c'est moi qui écrit, mais j'assume ma schizophrénie. Ça vous arrive jamais, que vos personnages n'en fassent qu'à leur tête ?), et moi je me suis dit « Et merde. Et si... ». Du coup ça m'a coupée dans mon élan, parce que ça m'a fait envisager une direction à laquelle je n'avais pas pensé, et dorénavant deux routes s'offrent à moi, et je ne sais pas si je dois continuer sur ma lancée d'origine ou bien suivre celle qui vient d'apparaître. Donc voilà, je suis actuellement en pause officielle d'écriture (ça m'est déjà arrivé avant, mais c'était officieux), non pas par manque d'inspiration, mais par trop d'inspiration... C'est le comble, quand même. Mais vous en faites pas, je vous ai pondu cinq chapitres et demi d'avance pendant ces quelques jours, alors vous continuerez à avoir des suites =D. D'ailleurs je crois que j'arrive au bout de mon histoire, je vois la fin se rapprocher, même s'il y a ce léger détail qui me gêne...Rohh, il aurait pas pu se taire, l'autre ?! Pas croyable ! Je vais le menacer de le tuer, s'il continue !
En attendant, j'ai de plus en plus envie de continuer et de finir cette histoire. Si j'ai eu des doutes à un moment donné, rassurez-vous, ils ont disparu.
Petit chapitre avec quelques révélations, quelques informations. Ben oui, je vais pas vous laisser dans le noir total.^^

Nous avons passé le reste de la journée dans la cuisine. J'ai mangé mon assiette, et une autre encore. Trois bougies se sont écoulées et personne d'autre n'est revenu. J'ose espérer qu'ils se sont enfuis ailleurs, qu'ils n'ont pas été assez fous pour se confronter à leurs adversaires désignés. Mais au fond de moi, je sens que ce n'est pas le cas. Que je suis le seul. J'évite de penser à demain – cela recommencera-t-il ? Serai-je capable d'agir de même ? – et me concentre sur l'instant présent. Là, maintenant, je suis vivant. Marlène fait diverses choses auxquelles je ne prête pas attention. En même temps, elle me parle de trucs insignifiants, comme si elle avait peur que je ne défaille devant la dureté de la vie. Elle n'a pas tort. J'ai l'impression d'avoir la peau si fine qu'une simple plume l'effleurant me mettrait les larmes aux yeux. L'écouter pépier me fait du bien. Je me balade au creux de sa voix dans les ruelles de ses souvenirs, explorant avec elle et son frère les recoins de sa vie. Babillant ainsi, elle est mon anticorps me protégeant des agressions extérieures. À l'abri sous ses paroles, je me reconstruis, me solidifie. J'en apprends aussi davantage sur cet endroit. Il est éclairé jour et nuit, et les gens travaillent dans des usines en lisière de la ville où ils font les trois huit (ou les deux douze, j'avoue n'avoir pas tout suivi pointilleusement). Ce qui explique l'affluence perpétuelle dans les rues. Les quartiers du centre sont les plus riches, il y vit tous ceux qui ont su prouver de leur loyauté indéfectible envers la Puissance Suprême, et ont donc gagné le privilège d'être moins mis en lumière, moins surveillés. C'est dans les quartiers extérieurs que vivent les petites gens. Ceux-là sont étroitement encadrés par un grand nombre de lois. Ils ne peuvent pas aller trop au centre de la ville, et ne doivent se vêtir que d'habits clairs afin d'être facilement repérables s'ils franchissaient l'interdiction. Ils ne peuvent pas avoir plus d'un enfant. Ils ne peuvent pas se réunir à plus de trois membres de foyers différents. Leur patrimoine n'a pas le droit de dépasser une certaine somme. C'est de là que vient Marlène, évidemment. Elle essaye de ne me raconter que des anecdotes joyeuses, mais je ressens, caché sous ses sourires, l'oppression sous laquelle elle a vécu.
J'apprends également qu'il y a deux types de rues ici. Les premières sont larges, régulièrement arpentées par les sombreros, lumineuses et perpendiculaires les unes aux autres. Les secondes ont été créées dans les murs bien trop épais, au fil du temps, par des citadins désireux d'accroître leur intimité. Elles sont sombres, étroites, et sillonnent la ville au gré des caprices de leurs créateurs. De plus, et c'est un avantage non négligeable, aucun membre de la DN n'y met jamais les pieds – si tant est qu'ils aient des pieds. Comme je m'en étais douté, celle où donne la porte de cet endroit en fait partie.
Soudain, Marlène s'arrête de parler. Surpris de ce brutal changement, mon regard revient des limbes intérieurs ou il s'était perdu pour venir se poser sur elle assise en face de moi.

« Voilà », Dit-elle.

Elle relève la tête, qu'elle avait baissée sur ses genoux, et me sourit en me tendant un genre de paquet.

« Tenez. C'est pour vous. J'ai pensé que ça pourrait vous être utile.
- Qu'est ce que... ?
- Essayez-le. Je ferai des retouches si nécessaire. »

Je regarde ce qu'elle m'a mis dans les mains. Du tissu qui, lorsque je le déplie, se transforme en pantalon et tee-shirt à manches longues. Le tout de la même couleur que mes vêtements précédents, évidemment. Elle a raison. J'en ai sérieusement besoin.

« Merci.
- Vous pouvez aller vous changer à côté. »

Je quitte la chaise que j'occupais depuis que j'étais rentré, et passe dans l'autre pièce. Je laisse la porte entrouverte pour avoir un peu de lumière. J'enlève le drap troué – puis-je appeler ça autrement ? – qui me servait de vêtement depuis que je m'étais retrouvé dans le néant, ce vide que j'avais traversé sans savoir comment, et enfile ce qui, à côté, me semble être une parure digne de leur Puissance Suprême. Cela me va à merveille. C'était donc ce qu'elle faisait de ses mains quand sa bouche était occupée à me rasséréner. Je retourne me planter devant elle, ma loque entre les doigts.

« C'est parfait. Merci.
- Donnez-moi votre ancienne tenue. M'en voudriez-vous si elle servait à alimenter le feu ?
- Non, bien au contraire. »

Je la lui tends avec empressement, et elle la pose sur le tas de bûches en attendant d'en avoir besoin. Je me rassois. Ce présent m'a rendu le sourire. Ça faisait si longtemps que l'on ne m'avait pas témoigné un peu d'affection. Ah si. Il y a eu ce matin, quand elle m'a attrapé la main. Mais c'était plus un encouragement qu'autre chose.
Ramenant ses genoux sous son menton, elle hausse les épaules, et sourit d'un air mutin et timide :

« Vous savez, j'ai l'impression que... »

# Posté le mercredi 08 avril 2009 09:41

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:52

Ça y est, c'est le printemps. XXXII

Depuis la dernière fois, toujours pas écrit plus. Faut dire que c'est les vacances, et que, par conséquent, je n'ai pas le temps. Cherchez l'erreur. Ben oui, j'ai internet alors j'ai autre chose à faire. Mais plus ça va et plus je suis douée en guitare, et plus je connais par coeur les paroles des Fatals Picards. Ca vous fait une belle jambe, hein?

Elle s'interrompt. On frappe à la porte. C'est le code. Elle se lève pour aller ouvrir, sur la défensive.

« Que quoi ?
- Non rien. Rien d'important. »

Elle disparaît dans le couloir. Lorsqu'elle revient, c'est suivie d'Henri et de deux autres hommes, à l'allure de mes collègues de ce matin. Ceux-ci ne disent rien, mais Henri me salue d'un petit signe de tête, surpris mais sympathique et approbateur. Marlène, si bavarde et souriante quelques minutes plus tôt, s'affaire désormais en silence à remplir des assiettes de ragoût pour les deux hommes qui se sont assis à la table. Devant Henri et moi qui occupons les deux autres chaises, elle dépose une tasse de café. La pièce s'est remplie mais l'atmosphère est beaucoup moins joviale. Marlène reste debout, près du fourneau, tandis que nous buvons et mangeons. Avec les bruits de la vaisselle et les crépitements des bûches pour seule musique, sans oser nous regarder, nous attendons.
Puis, de nouveau, le bruit des phalanges sur le bois. Un, deux, trois. Henri se redresse sur son siège et, instinctivement, je fais de même. Marlène replace ses cheveux derrière ses oreilles et retourne dans l'entrée. Cette fois-ci, c'est George qui l'accompagne, avec trois autres hommes. La moisson semble avoir été moins glorieuse que la veille. Tous, nous nous levons pour laisser la place, et allons nous appuyer contre un mur.

« Messieurs bonsoir », Dit le chef de bande en s'asseyant. Quelques grognements lui répondent.

Marlène répète le même manège que précédemment : ragoût pour les hommes, café pour George. Ce dernier la remercie d'un hochement de tête, puis prend une cigarette dans sa poche intérieure, qu'il allume à la bougie. Il la fume silencieusement, en attendant que chacun ai fini son assiette. Henri, lui, a sorti un journal.
Quand enfin la main écrase le mégot au fond de la tasse vide, nous attendons tous qu'il parle. Il nous dévisage l'un après l'autre – sauf Marlène, restée derrière lui – et commence :

« Bien. Mes frères, vous savez tous pourquoi nous sommes là. Pour nous unir et combattre le pire fléau qui ait pu s'abattre sur cette terre : les sombreros. Vous avez peut-être déjà eu affaire à eux, mais demain ce seront eux qui auront affaire à vous. Ici, nous luttons pour les exterminer. Ensemble, avec vous, nous allons les éliminer. »

Il fait une pause et sourit, mesurant son effet. Celui-ci n'est visible sur aucun des visages des hommes qui l'entourent.

« Bien. Demain, Marlène vous expliquera les détails de l'opération. En attendant, je veux que vous juriez solennellement de faire comme si nous n'existions pas si jamais vous deviez être capturés, et que vous vous choisissiez un nom. »

Je n'entends pas la suite, ni leurs réponses. Mes yeux se sont posés sur Marlène, qui, impassible, fixe froidement celui qui parle. Elle n'a pas dit un mot depuis qu'ils sont arrivés, s'acquittant simplement de ses tâches. Cette immersion dans la chaleur humaine l'a refroidie. Elle s'est effacée, cachée derrière son masque d'indifférence.
Je redeviens conscient de ce qui se passe autour de moi lorsque les cinq hommes franchissent le seuil de l'autre pièce pour aller dormir. J'hésite à les suivre, mais les yeux de George braqués sur moi m'en dissuadent. Il a rallumé une cigarette et la fume lentement, la main sous son menton. Henri, qui n'a pas lâché son journal, se rassoit. Marlène aussi, une fois la porte du dortoir refermée.

« Assied-toi, Arnaud », M'intime le fumeur.

De nouveau sur ma chaise, nous sommes dans la même configuration que la veille. H+24 et je suis vivant.

« Alors comme ça tu es toujours là... »
Ça y est, c'est le printemps. XXXII

# Posté le dimanche 19 avril 2009 10:18

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:54

Et tandis que l'ordinateur et lui se prenaient par la main, leurs pensées fusionnèrent et peu importa soudain que ses yeux fussent ouverts ou fermés. [ Isaac Asimov, Fondation foudroyée ] XXXIII

Et tandis que l'ordinateur et lui se prenaient par la main, leurs pensées fusionnèrent et peu importa soudain que ses yeux fussent ouverts ou fermés. [ Isaac Asimov, Fondation foudroyée ] XXXIII
Premier mai, muguet, week-end prolongé... Oui mais dans deux ans, Le premier mai c'est un dimanche, qu'il tombera, ça s'ra la faute des bourgeois, DES BOUR-GEOIS!. Avis aux fans des Fatals Picards qui reconnaîtront ici "la chanson élu la plus à gauche".
Sinon, bonne nouvelle, j'me suis remise à écrire la suite. et comme je sens que ces deux prochaines semaines ça va encore être la grève (ben oui, quatre ou six semaines, où est la différence?^^), il est fort probable que j'avance bien, voire que je termine..Là Loriane, tu t'emballes^^


« Alors comme ça tu es toujours là... »

Ce n'est pas une question, ni une demande d'explication. Juste une constatation.

« Pour te parler franchement, je n'imaginais pas que tu t'en tirerais. Mais c'est bien. C'est bien. »

Il tire une nouvelle bouffée de sa cigarette et un sourire se dessine sur ses lèvres.

« Combien ?
-Deux.
- Bien. J'imagine que tu es le seul qui...
- Oui.
- Dommage. Pour les autres, je veux dire. Toi, c'est bien que tu sois là. Je veux dire, on ne va pas s'en plaindre, et toi non plus. C'est bien. Tu es plus coriace que je ne le pensais. Et comment... ? »

Il me demande de lui raconter... Il me demande de lui raconter. Il me demande de lui raconter ! S'imagine-t-il que j'en suis capable ? Pense-t-il que je peux lui décrire les évènements aussi simplement que si c'était un match de foot dont mon équipe serait sortie victorieuse ? Il me sourit, et il attend que je lui dise. La vérité m'apparaît alors : il n'a jamais vécu ça. Il n'a jamais joué au bras de fer avec la mort. Et Henri non plus, qui a levé les yeux de son journal et me fixe. Ces hommes sont des lâches, envoyant les autres se faire tuer alors qu'ils restent chez eux, bien en sécurité. Ils s'attribuent les victoires de ceux qui ont bien voulu aller au combat pour eux et oublient leurs propres défaites. Cette Organisation n'est qu'une entreprise destinée à flatter leur ego. Me rendant compte de cela, je me mets moi aussi à le fixer. Les yeux de Marlène vont anxieusement de l'un à l'autre, attendant le dénouement. Je me décide alors à répondre :

« Je...
-Vous ne pouvez pas lui demander ça !, M'interrompt alors Marlène. Il est encore sous le choc. Il a tué. C'est une expérience traumatisante pour n'importe qui de voir la mort en face. Ça ne se raconte pas, ça se vit. Et je doute qu'il ait envie de le revivre. Vous ne pouvez pas lui demander ça. » Conclut-elle sur un ton moins virulent, avant de se taire tout en continuant à offrir un regard sombre aux deux hommes. Ceux-ci, étonnés, s'entre dévisagent. Je ne peux pas les en blâmer, cette réaction m'a aussi surpris. Puis George sourit à Marlène :
« Bien. Je ne lui demanderai donc pas de me raconter, puisque c'est si indescriptible. »
En se tournant vers moi, il ajoute :
« Il n'y a qu'une chose que je voudrais savoir : te sens-tu prêt à recommencer demain ?
- Non !, S'écrit Marlène. D'un geste de la main, je l'arrête.
- Je peux le faire.
- Bien. Dans ce cas, je pense que tout est réglé. »

Il écrase sa cigarette dans la cire et se lève, suivi d'Henri. Une fois arrivé à la porte, il se retourne vers Marlène :

« Tiens-toi prête, pour le cas où on en trouverait d'autres. Et bonne chance », Ajoute-t-il dans ma direction. Puis il ouvre la porte et tous deux s'enfoncent dans la nuit.

« Pourquoi avez-vous accepté ?
- Pouvais-je me permettre de refuser ?
- Oui ! Vous le deviez ! Faire ça pour ce...ces...ces porcs !
- Ce n'est pas pour eux que je le fais. »

C'était pour elle. Pour Dominique. Parce qu'elle était la seule à y croire. Les autres – ces porcs, comme elle disait si bien – ne recherchaient que la jouissance du pouvoir que pouvaient leur apporter ces supposées victoires. Marlène était la seule à rêver d'un monde meilleur.

« Bonne nuit, lui dis-je en me levant.
-Bonne nuit », murmure-t-elle alors que j'atteins la porte de la chambre. Je l'ouvre, et me trouve un coin tranquille à l'intérieur. J'espère ne pas trop faire de mauvais rêves.

# Posté le vendredi 24 avril 2009 08:41

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:57