Vous n'y croyiez plus, vous ne l'attendiez plus, vous n'y pensiez plus, vous l'aviez même oubliée. Et pourtant, l'impossible s'est réalisé. Alors vous êtes sortis de cet état de mutisme dans lequel, pour une raison inconnue, vous étiez rentrés. Vous vous souvenez maintenant du pourquoi, du comment. Tout s'éclaircit, la vie vous sourit à nouveau, et vous aussi vous souriez. Enfin, la délivrance vous a atteint, Dieu vous a exaucé, vous revivez, vous remangez, vous rebuvez, vous vous relavez, vous redormez, vous repensez, et sortez de cet état végétatif dans lequel vous vous croyiez coincés à jamais. Dans un optimisme débordant, vous faites passez le mot, à vos voisins, vos amis, vos parents. Les bourse remontent, le PS s'unifie, la Chine abandonne le communisme et donne sa liberté au Tibet, Barack Obama creuse encore plus monumentalement les écarts avec Mc Cain, Ben Laden se convertit au Bouddhisme et prône la paix dans le monde, le taux de chômage passe en dessous de la barre des 1%, le monde entier abandonne l'énergie nucléaire pour se concentrer sur le renouvelable, le réchauffement climatique n'est plus qu'un lointain souvenir, bref, tout, partout, s'arrange. On semble repartit pour de nouvelles Trente Glorieuses qui seront, on l'espère, au moins cinquante, soixante, deux cent, mille. Car, oui, enfin, j'ai mis la suite. J'ai décidé de continuer, de ne pas abandonner.
D'accord, j'extrapole probablement un peu (beaucoup?). Mais voilà, c'est dit, je continue. Je ne promet pas de suites régulières, ni extraordinaires, mais l'envie d'écrire m'est revenue. Alors je continue. Merci au passage à une certaine Marie dont j'ignore tout, mais dont le commentaire m'a fait très plaisir. Merci aussi aux autres d'avoir été quand même là pendant ce trou noir. Merci à celui qui, dans le sondage, a dit que j'étais géniale (je veux un nom! dénonce-toi!), et a celui qui a dit que c'était drôle au 28° degré (toi aussi, je veux ton nom!). Bref, merci à vous.
Et voilà, une fois de plus, j'ai fait un speech plus long que le texte lui-même. Faut dire que je ne sais pas faire court. Ceux à qui je laisse des commentaires ont du s'apercevoir que moins de trois lignes, je peux pas. C'est comme ça, j'y peux rien, et les cures de désintox pour se débarrasser de cette dépendance aux mots non plus. alors, si vous y êtes pas encore habitués, dépêchez-vous. Parce que je ne pourrais jamais y rien changer.
Bon, il est temps que je conclue je crois. Il y aura des suites, même si je ne sais pas trop ce que ça va donner. Je compte toujours sur vous pour être objectifs et m'aider à rectifier le tir si ça part trop en vrille. Merci.
J'ouvre, et, à tâtons, me faufile un chemin entre les corps amoncelés. Il y en a beaucoup, et la pièce est petite. La porte est restée ouverte, et, avec la lumière qui s'infiltre, je distingue un bout de mur et une couverture inoccupés. Me tassant, poussant un peu les autres, j'arrive à me faire une place pas trop inconfortable. La porte, sans doute par l'½uvre de Marlène, se referme. L'obscurité la plus totale m'envahit. C'est alors que je sens l'odeur. Un mélange de transpiration, de vapeurs d'alcool, et de saleté telle que notre société civilisée n'en fait plus depuis des années. Elle emplit la pièce, plus présente encore que tous ces gens qui m'entourent. Elle s'infiltre en moi, m'enveloppant dans son cocon douceâtre qui m'entraîne vers la somnolence, tel un boa hypnotisant sa proie. J'aurais cru qu'elle me ferait vomir, mais, au contraire, telle une mère, elle me sécurise, m'emportant doucement vers le sommeil. Toutes les questions que j'avais dans ma tête lorsque ma main était sur la poignée se fondent entre elles, me faisant oublier jusqu'à leurs thèmes. Mon corps, épuisé, débranche les connexions de mon cerveau.