Je kiffe, surkiffe et overkiffe mon balcon. XVIII

Je kiffe, surkiffe et overkiffe mon balcon. XVIII
Voilà! Ca remarche!!! Ouf, je sais pas si j'aurais tenu beaucoup plus longtemps.^^
Sinon, pour le prénom, j'ai fait mon choix, ça y est, c'est ...crrrrgfrrrrrtchhhhhhh... Merde je suis passée sous un tunnel!! Bon tant pis, vous le saurez le moment venu. Mais, d'ici là, je reste ouverte à toutes les propositions merveilleuses, on ne sait jamais.
Sur ce, bonne lecture, et merci d'être encore là malgré cette trop longue absence...

Mon guide s'est arrêté devant une porte crasseuse, dans une de ces ruelles que l'on croirait creusées à mains d'homme. Rien n'y est éclairé, le sol est imparfait et j'y trébuche à chaque pas. Les murs, à ce que j'en devine, sont eux aussi loin de la perfection. J'ignore totalement où nous sommes, à quelle distance de cette rue où il m'a interpellé. Il a soit d'excellents yeux, soit une excellente mémoire, pour se repérer dans ce dédale.
Trop absorbé que je suis à observer et retenir le lieu qui m'entoure, je n'entends pas le code qu'il frappe à la porte. Mais celle-ci s'ouvre, sur une silhouette que je ne discerne pas encore. Elle s'écarte pour nous laisser entrer, et je remarque en passant que l'ouverture n'est en fait bouchée que par quelques planches, assemblées rapidement mais solidement pour combler le vide. Je me demande si ces rues si étroites que l'on ne peut y marcher à deux de front, et cette pièce et celles qui l'entourent ont une existence légale et reconnue. Après l'avoir refermée, la personne qui nous a ouvert la porte nous suit. Ses vêtements amples et son capuchon m'empêchent même de deviner son sexe. Au bout du petit couloir qui sert d'entrée, nous arrivons devant une autre porte, que mon guide ouvre.
Au milieu, une table, au centre de laquelle brûle une bougie posée à même le bois. Ce ne doit pas être la première, si j'en crois l'amas de cire. Quatre chaises l'encerclent. À droite, un poêle à bois sur lequel chauffent une marmite et une cafetière. Assis, à gauche, devant une tasse fumante et un journal à la main, un autre homme. À notre entrée, il lève la tête et nous salue d'un signe de celle-ci. La personne derrière moi referme la porte et se dirige vers la cuisinière pour remettre du bois. Elle enlève son capuchon et je vois ses cheveux, sombres et longs.

« J'en ai trouvé un nouveau, lance celui qui m'a conduit jusqu'ici en s'asseyant face à la porte.
- Apte ? Le questionne l'autre.
- Il a l'air, répond-il en levant, une fraction de seconde, les yeux vers moi. Où sont les autres ?
- Ils dorment. D'un signe de tête, il indique la porte à droite du poêle.
- Bien. »

Du menton, mon guide me montre la chaise en face de lui.

« Assied-toi. »

Je m'exécute. Une fois que je suis installé, il reprend.

# Posté le jeudi 04 septembre 2008 08:12

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:18

J'ai un grand projet pour l'avenir, pour lui plaire je vais devenir Steevy Wonder, Michael Jackson... [ Housse de raquette ]XIX

J'ai un grand projet pour l'avenir, pour lui plaire je vais devenir Steevy Wonder, Michael Jackson... [ Housse de raquette ]XIX
N'empêche, des fois je me dis que vous avez de la chance de m'avoir, quand même, hein, non? Si, c'est vrai, je suis vachement sympa quand on y réfléchi, je vous offre quatre histoires par article pour le prix d'une! Trouvez-en, des gens qui font mieux! Je m'explique, pour ceux qui n'auraient pas compris. D'abord, il y a l'histoire, celle qui se suit tout au long de ce blog. Ensuite, il y a le titre. Et puis la photo. Et enfin, mon petit blablatage inutile, ouais, ce truc que vous êtes en train de lire là maintenant tout de suite précisément. Alors, franchement, ça mérite pas que vous me fassiez une standing ovation tout seul devant votre ordinateur qui marche surement mieux que le mien? Si, je trouve. =D
À part ça, je ne sais décidément pas peindre correctement, j'ai encore du blanc, du rouge et du orange sur les jambes, même si ça fait déjà deux trois jours que j'ai fini et que je me lave, quand même. Mais bon grâce à mon non-talent de peintre-décoratrice qui déborde et en fous partout jusque sous son menton (mais comment j'ai bien pu faire ça?), et ben mon studio à Bordeaux l'est trop bio. =D Et je suis fière de moi.


« On a un pacte à te proposer. Une sorte d'échange. Si tu acceptes, je t'explique les détails. Si tu refuses, je te ramène où je t'ai trouvé et tu te convaincs que nous n'étions qu'un rêve. » Il marque un temps. « Tu nous rends un service, et en échange, tu as le gîte et le couvert, pour ce soir, voire plus si tu te révèles efficace. D'accord ? »
Je n'ai pas le temps de demander « Quel service ? » que mon ventre, d'un gargouillement sonore, répond pour moi. L'homme sourit.
« Il est d'accord, je crois. », Dit-il à la personne restée à s'affairer près du poêle. Elle se retourne, un plateau dans les mains, et je vois que c'est une femme. Elle dépose devant moi une assiette remplie d'une sorte de ratatouille, et devant elle et mon guide une tasse de café. Elle ramène le plateau près des fourneaux, puis revient s'asseoir sur la chaise restante, en me tendant une cuillère. Alors que je la plonge dans les légumes, l'homme en face de moi me dit :

« Tu es conscient que si tu portes cette cuillère à tes lèvres, tu ne pourras plus faire marche arrière ? Tu peux encore te rétracter. »

Je me tais, mais enfourne une bouchée, sans le quitter des yeux. Il allume la cigarette qu'il venait de sortir de sa poche à la bougie, puis, en exhalant la fumée, laisse un sourire s'étaler sur ses lèvres.

« Bien. Je vais maintenant t'expliquer ce qu'on attend de toi. »

L'autre homme, adossé à sa chaise, a fermé son journal et boit son café, tout en ayant l'air attentif. La femme, qui n'a toujours pas parlé, se tient droite, les bras écartés, les mains autour de sa tasse qui semble trop chaude pour qu'elle y touche encore. Elle et celui qui lui fait face sont des gens dont le physique passe inaperçu au milieu d'une foule, tant il est normal. L'autre a des yeux beaucoup plus agressifs. La tête renversée en arrière, sans cesser néanmoins de me regarder du coin de l'½il, il termine sa cigarette dans un silence que seul rompt le craquement des bûches dans le poêle. Tous, nous attendons qu'il continue. Le calme qui dure commence à se faire pesant, et j'essaye de déglutir en silence, mon couvert raclant le moins possible le fond du plat.
Il écrase enfin son mégot dans la cire et se penche en avant, les avant-bras sur la table, mains jointes devant sa tasse :

« J'espère que t'es pas un trouillard, parce que ce qu'on a à te proposer n'est pas de tout repos, autant sur le plan physique que moral. Mais on s'habitue, tu verras. »

Je hoche la tête, tout en continuant consciencieusement de vider mon assiette.

« Bien. La tâche n'est pas forcément aisée, mais le but est simple. » Il marque un temps, accentué par son regard. « Il s'agit de tuer des sombreros. »
Entre deux cuillérées, je demande :
« Qu'est-ce que c'est ? »

Il s'ensuit un silence de quelques secondes durant lequel je suis le centre de l'attention puis il éclate d'un rire tonitruant, alors que les deux autres se regardent, les yeux étonnés et l'ombre d'un sourire aux lèvres. En face de moi, une fois sa démonstration de joie terminée, il avale son café d'une seule gorgée et, le rire au regard, répond :

« Mais d'où tu débarques ? J'avais cru remarquer que t'étais pas d'ici, mais je te pensais quand même plus renseigné que ça ! Heureusement que je t'ai récupéré, parce qu'à Limoges, celui qui ne connaît pas, qui ne craint pas les sombreros est un homme mort. Alors je vais t'expliquer. Mais avant, dis-nous d'où tu viens.
- Oh, un petit village, vous pouvez pas connaître. Et puis c'est pas la porte à côté.
- Dis toujours, on sait jamais. »
Tentant le tout pour le tout, je lâche finalement, après quelques secondes :
« Paris.
- En effet, ça me dit rien. Et vous ?
- Non plus, » répond l'autre homme.

La femme secoue la tête. Ils ont l'air de réfléchir encore un peu, de fouiller leur mémoire pour, peut-être, l'y trouver. Je redeviens plus serein, alors que la discussion se poursuit.

« Et qu'est ce que tu viens faire ici ?
- Mes parents veulent que je voie du pays. Et que je trouve du travail. Je suis arrivé ce soir.
- T'es un peu trop utopique, mon gars. Du travail, y en a déjà pas beaucoup pour ceux de la Ville, alors pour les débarqués comme toi... Surtout comme toi ! T'aurais pas survécu bien longtemps. T'as eu de la chance que je tombe sur toi. Qui sait dans quel merdier t'aurais été capable de te fourrer ! Désolé de te dire ça, mais tel que t'es, t'es un vrai danger pour ta propre personne ! »

Il a comme un sursaut nerveux de rire. J'ai l'impression que c'est lui le chef. La flamme de la bougie vacille, elle a presque fondu jusqu'au tas de cire. L'autre homme se lève, ramasse les tasses vides et mon assiette que j'ai terminée, et les dépose sur la plus basse des étagères, près du poêle. Il revient avec une chandelle qu'il allume à la flamme de l'autre, puis qu'il plante dans la cire encore molle, éteignant définitivement la précédente. Il a également une tasse de café qu'il me tend.

« Merci. »

Il hoche la tête, puis se rassoit. Le chef prend à nouveau la parole :

# Posté le samedi 13 septembre 2008 08:35

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:21

So goodnight, goodnight, you're embarrassing me, you're embarrassing you [ Goodnight, goodnight, Hot Hot Heat ]XX

So goodnight, goodnight, you're embarrassing me, you're embarrassing you [ Goodnight, goodnight, Hot Hot Heat ]XX
Là, normalement, c'est le moment où vous vous dites : Whats? Une suite en plein milieu de semaine? Mais j'ai des visions ou je deviens dingue? Eh bien non, figurez-vous que c'est la pure et simple réalité. Laissez-moi vous expliquer la vie : vers la fin de la semaine prochaine, je m'en vais à Bordeaux, pour ne revenir qu'après une durée indéterminée. D'ici là, j'aimerais arriver à un point donné de mon histoire, qui aurait de toute façon été atteint. Sauf que, par pure générosité, j'ai décidé de faire trois parties, et non pas deux comme prévu à l'origine. C'est gentil, hein? Donc, vous aurez trois bouts moins longs, un aujourd'hui, un ce week-end, et un avant mon départ.
So nice. =D

Le chef prend à nouveau la parole :

« Bien. Reprenons. Il va falloir commencer bien plus en amont que ce que j'avais imaginé. Dans cette ville règne et demeure la Puissance Suprême, tu sais, celle qui contrôle tout, la cité comme les terres qui l'entourent. Il, ou Elle, personne ne l'a jamais vu, ou n'y a du moins survécu, vit dans cette tour – tu l'as probablement remarquée – qui domine tout, et de loin. Pour se faire respecter, pour ses menus travaux comme pour toutes ses missions, la Puissance Suprême a créé, inventé et éduqué une armée quasi-invincible, la DN, DarkNight de son nom entier. Ils tuent, volent, surveillent, torturent et exécutent tous les ordres qui leur sont donnés par leur seul et unique chef. Ils font régner Sa loi, sans se soucier des conséquences sur la population. Habillés pour se fondre dans la nuit, ils y effectuent leurs missions, sans êtres vus, ou le moins possible. C'est pour ça qu'ils sont populairement appelés « Sombreros ». Personne ne les voit, mais tout le monde en a peur. On dit qu'en apercevoir un apporte une vie de malheur. S'y opposer, c'est la mort assurée. C'est pourquoi chacun s'ignore, ne rencontrant que le stricte nécessaire de personnes. Tout le monde peut être leur cible, pour des raisons souvent obscures. Si une victime leur survit, elle est ensuite reniée par ses quelques connaissances, qui craignent les retombées. Rares, très rares, sont ceux qui décident de lutter contre leur oppression, contre Sa dictature. Tu as devant tes yeux ce qui est probablement la poche de résistance la plus importante de la ville. Avec l'aide de gens comme toi, nous traquons, combattons, et dans la mesure du possible, éliminons les Sombreros. »

Les trois me regardent, attendant ma réaction. S'il y avait une mouche, elle ne pourrait pas voler à cause de la tension de l'air qui la clouerait au mur. Ou au plafond.
Ravalant ma salive, je demande finalement :

« Et...Ça dure depuis combien de temps ?
- Aussi loin que les mémoires remontent, ça a toujours été, continue le chef. Mais depuis peu, ça s'accentue, s'intensifie. Ça ne cesse d'empirer. »
Il soupire, comme de résignation, et allume une autre cigarette dont il tire une bouffée.
« Il y a deux jours encore, nous étions quatre. Et il y a trois semaines, cinq. Tu comprends que nous avons besoin d'aide, de main d'½uvre. Nous ne pouvons pas nous permettre de voir nos effectifs réduits une fois de plus. Même avec un maximum de précautions, nous ne sommes pas immortels. »

J'aurais presque envie de leur présenter mes condoléances, de leur dire que je suis désolé. Mais je me retiens, ce n'est pas le moment. Le silence est cette fois-ci morose. Tous regrettent leurs disparus. Puis celui qui parle depuis tout à l'heure semble se ressaisir, quitter ses pensées :

« Nous attaquons en plein jour, c'est là qu'ils sont le plus vulnérable. » Il ricane brièvement. « Enfin, si l'on peut, à un quelconque moment, les qualifier de vulnérables. Ta première mission est pour demain. Tu peux aller dormir avec tes camarades. Marlène vous réveillera, vous expliquera et vous équipera. » De la tête, il désigne d'abord la porte près du poêle, puis la femme. « Henri et moi devons partir maintenant, pour ne pas éveiller les soupçons. Nous avons une vie normale à côté. »

Il se lève, ainsi que le dénommé Henri. Marlène et moi faisons de même. Alors que les deux hommes se dirigent vers la porte, celui qui vient de tout expliquer se retourne et me tend la main. Je la prends.

« Au fait, je m'appelle George. C'est un nom de code, comme pour eux. Et toi ? Choisis-toi un nom, je veux dire.
- Arnaud.
- Arnaud. Étrange, mais pourquoi pas. Bien. J'espère te revoir bientôt, Arnaud.
- Moi aussi.
- Et souviens-toi, si les choses tournent mal, tu n'es jamais venu ici, nous n'existons pas. C'est bien clair ?
- Oui. »

Il lâche ma main, et part à la suite d'Henri qui tenait la porte. Je la regarde claquer, le bruit du loquet scellant pour de bon mon futur.

# Posté le mercredi 17 septembre 2008 12:35

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:24

C'est la vie qu'il faut consommer, sur place ou à emporter. [ Aldebert, Sur place ou à emporter ]XXI

C'est la vie qu'il faut consommer, sur place ou à emporter. [ Aldebert, Sur place ou à emporter ]XXI
Alors, ces prénoms? qu'en pensez vous? George, certains d'entre vous savent peut être que j'adore ce prénom, juste pour sa prononciation et sa désuétude. Henri, ça allait bien dans le même style. Marlène, c'est comme la chanson. Au début c'était Mildred, je trouvais ça drôle, puis ça a changé. Et Arnaud...j'attends vos pronostiques, vrai nom ou nom de code? Ahahah, je laisse planer le doute...
Au fait, nouveau chez moi =D

Il lâche ma main, et part à la suite d'Henri qui tenait la porte. Je la regarde claquer, le bruit du loquet scellant pour de bon mon futur. Je prends conscience que ce n'était pas un rêve, et commence à assimiler ce qui s'est dit ce soir autour de cette table. Marlène, restée en retrait et silencieuse jusqu'ici, me fait presque sursauter en disant soudain :

« Vous n'avez pas vraiment eu le choix, n'est-ce pas ? »

Je me retourne brusquement et la dévisage, surpris de sa voix cassée et emplie de tout le malheur du tiers-monde. Puis, comme si de rien n'était, je hausse les épaules :

« Il aurait pu m'arriver pire. Et la mission ne me fait pas peur, je ne serai pas seul et je ne suis pas assez stupide pour mettre volontairement ma vie en jeu.
- C'est pourtant ce que vous venez de faire, dit-elle dans un sourire presque désolé. C'est évident en vous voyant que vous ne connaissez pas suffisamment cette ville pour comprendre sa réalité. Accepter cette mission, c'est se mettre une corde autour du cou et un tabouret bancal sous les pieds. Les chiffres de nos pertes donnés par George ne sont que ceux des cerveaux. Au niveau de la main d'½uvre, elles se comptent au moins par dizaines sur la même période. Ne vous faites pas d'illusions, vous êtes déjà mort.
- Mais nous serons plusieurs, nous ne mourrons pas tous, et nous pourrons nous défendre mutuellement.
- Ne comptez pas non plus sur l'esprit d'équipe. Le premier pas que vous avez fait à Limoges vous a condamné à la solitude. Ceux qui vous accompagneront ne sont pas seulement aussi dénués d'expérience que vous ne l'êtes, ils sont également vides de tout espoir de survie. Ce sont des mendiants, des gens pour qui un repas chaud vaut la peine de donner sa vie. Ils n'ont plus rien et se sacrifient, pour, une seule soirée, se sentir humains. Demain, chacun agira pour lui-même, pour grappiller quelques autres minutes en tant qu'homme et se laissera tomber si cette perspective lui échappe. Les survivants seront capturés, et ceux qui en réchapperont mourront le jour suivant. C'est ainsi, ne l'ignorez pas.
- Pourquoi me dites-vous cela ?, articulai-je en essayant de dénouer ma gorge et mon ventre.
- Vous n'aviez pas besoin de nous pour être humain. Vous croyez que la vie est un cadeau qu'il faut choyer. Vous avez l'espoir que tout s'arrange demain, après-demain, plus tard, un jour. Et vous paraissez plus malin qu'eux. Vous êtes trop intelligent pour vous laisser mourir. C'est pour ça que je dis que vous n'avez pas eu le choix. En dépit d'autre option, vous avez pris celle que vous présentait George. »

Restant sans voix, parcouru de frissonnements, je me rassois. Elle fait de même et se saisit de mes mains.

« Regardez-moi. Vous m'êtes sympathique. Si je vous dis ça c'est pour vous sauver. Écoutez-moi attentivement, je ne me répèterai pas. Je vais me lever, et aller remettre du bois dans le poêle. Je ferai du bruit et vous tournerai le dos. J'en aurai pour trois minutes. Les portes sont restées ouvertes. Je ne vous en voudrai pas si vous échappiez à ma surveillance. » Elle caresse ma joue de la main droite, m'obligeant à la regarder dans les yeux. « Ne perdez pas votre espoir, Arnaud. »

Nous restons ainsi quelques secondes, puis elle se lève et commence à remuer les bûches avec le tison, à s'affairer comme elle venait de le dire.

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 12:51

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:27

Au vu du premier épisode de la saison quatre, je ne peux que me demander : Mark serait-il gay?XXII

Partir ? Rester ? Partir ? Rester ? Dans chacun des cas, mes chances de survie sont presque nulles. Partir ? Rester ? Je veux courir hors d'ici, loin, mais après tout, qu'est ce que cela changerait si je ne quittais simplement pas cette chaise ? Je ne sais que choisir, aucune de ces solutions n'est enviable. Le temps passe, trop vite ou pas assez, je ne sais pas, à une vitesse anormale. Tout s'embrouille. Partir avec elle ? Rester par le couloir ? Non, l'inverse. Je ne sais pas, rien n'est clair, j'ai besoin de plus...Plus de temps, plus d'éléments. Mettant la tête dans les mains, j'inspire un grand coup. Si je sors, je me perds et m'éteins ; si je reste, je meurs. Est-ce que je préfère une fin programmée à une autre dont j'ignore tout ? Après la panique, je redeviens serein, ma décision est prise. J'écarte mes paumes de mes yeux, des tâches de lumière clignotent quelques secondes. Elles s'estompent, et je vois Marlène, bras croisés devant son fourneau, me regardant, une lueur dont je ne sais si elle est de reproche ou de soulagement, dans les yeux.

« Vous êtes resté. »

La bouche encore sèche, je peine à lui sourire.

« Oui.
- Pourquoi ?
- Il faut bien mourir un jour.
- Avez-vous donc à ce point confiance en votre chance ?
- Et vous ?
- Si j'ai confiance en ma chance ? Et bien c'est...
- Non. Et vous, pourquoi êtes-vous restée ?
- Je ne suis pas restée, j'ai été.
- C'est-à-dire ?
- Je ne sais pas si j...
- Vous pouvez me raconter, vous savez. Je serai mort demain.
- Vous avez raison, » dit elle dans un sourire, en s'asseyant. « Je ne risque rien. » Elle semble réfléchir, les yeux sur le mur. Puis elle les plante soudain dans les miens. « Voyez-vous, je suis morte. Aux yeux de la loi, je veux dire. Depuis bientôt six ans, je n'existe plus. » Avec un sourire moqueur, elle hausse les épaules. « De toute façon, je n'ai jamais eu plus qu'une demi-vie. Ne faites pas la tête de celui qui va me dire que c'est impossible, vous allez comprendre. J'avais un frère. Un frère jumeau. À notre naissance, ce fut une catastrophe. Mon père quitta ma mère, la laissant seule avec ce fardeau. Nous aurions dû, mon frère et moi, comme la Loi le prescrit, être séparés à peine nés.
- Pourquoi ?
- Les gens trop proches les uns des autres sont des dangers. Ils peuvent échanger. Nous étions jumeaux, c'est-à-dire plus liés que n'importe qui. Ma mère voulait éviter cela, et ne déclara la naissance que d'un seul enfant : Dominique.
- Votre frère ?
- Ou moi, selon les circonstances. Nous avons grandi cachés du regard des autres, toujours ensemble. Ma mère faisait de son mieux pour nous aider à avoir une vie plus ou moins normale. Nous étions une famille soudée, vous savez. C'est rare. Un jour, c'était moi Dominique. J'étais partie acheter à manger. À mon retour, la maison était dévastée. Les Sombreros leur étaient tombés dessus. Ma mère était... avait... Je ne pouvais plus rien faire pour elle. Sans aucune raison, Ils lui... » Elle ravale sa salive, et ferme les yeux. « C'était quelqu'un de bien. Je l'aimais. Mon frère...I l était toujours là. Difficilement, mais Ils ne l'avaient pas totalement... J'ai fait ce que j'ai pu, j'aurais pu faire n'importe quoi pour lui s'il avait fallu, mais je n'ai pas réussi à... Quand il est... Qu'il a... Je ne pouvais pas... Je ne pouvais plus... C'était... C'était mon frère. J'étais lui, il était moi. Nous étions un. Alors une fois que... Il était dans mes bras, et il n'y a plus rien eu. Il fallait que... Je ne pouvais pas rester là ! Je devais faire quelque chose. Pour lui. C'était mon frère. Je suis rentrée en contact avec l'Organisation. Pour mon frère. Pour Dominique. »

Elle renverse sa tête en arrière, et, du plat de la main, essuie les quelques larmes qui avaient coulé.

« Je suis désolé, dis-je. Je n'aurais jamais dû vous demander de raconter cela.
- Non. Vous avez eu raison. Il fallait bien que quelqu'un sache. Il fallait que vous sachiez pourquoi vous vous battez. Que ce ne soit pas seulement pour de la nourriture. »

Nous restons face à face. Elle et ses yeux mouillés me fixant, moi et mon regard gêné vagabondant.

« Peut-être devriez-vous aller dormir. Prendre des forces pour essayer de ne pas mourir.
- Ce serait mieux. »

Je me lève et me dirige vers la porte. La main sur la poignée, je me retourne :

« Bonne nuit.
- Bonne nuit. »

Ca y est, on y est. Demain, je pars. À Bordeaux. Et je ne sais pas quand je pourrai poster la suite, étant donné que je n'aurai pas d'ordinateur. Alors voilà, pour l'instant ça s'arrête là. Ce n'est pas fini, non, c'en est loin, mais la suite est en attente. De quoi? Je sais pas. Que vous vous cotisiez pour m'offrir un ordi par exemple? Ou bien que je me décide à en acheter un. Ou bien que je me fasse des amis qui me prêtent le leur. De toute façon je n'ai pas encore écrit la suite. Alors quand bien même je rentrerais le week-end prochain, c'est pas dit que vous l'aurez.
En tous cas, continuez à laisser des petits commentaires, j'essaierai de venir les lire ASAP. Et puis ça me fera plaisir de voir que vous ne m'oubliez pas...
Moi je penserai à vous, et j'essaierai de poster régulièrement. J'essaierai. Et de venir lire vos suites aussi. Continuez de me prévenir, je ferai mon possible pour être à jour.
Merci à vous de me lire, en tous cas, et puis de me laisser tous ces commentaires. Je vous aime.
À bientôt!

LorianO, citadine en puissance, et demain en acte. Et ça, ça va être dur.
Au vu du premier épisode de la saison quatre, je ne peux que me demander : Mark serait-il gay?XXII

# Posté le vendredi 26 septembre 2008 12:50

Modifié le samedi 10 octobre 2009 10:29