I knew you had such beautiful eyes, it's hard to tell now they're covered in flies [ Wednesday 13, Morgue than words ]XI

I knew you had such beautiful eyes, it's hard to tell now they're covered in flies [ Wednesday 13, Morgue than words ]XI
K-11. Avant le début des épreuves, de l'ultime épreuve. Celle qui marque la fin de l'enfance et le début des responsabilités. En attendant je prends le temps de vous mettre la suite, pour vous faire patienter jusqu'au 23 (ou avant...^^).

Là. Devant moi. Ce n'était donc pas qu'un rêve. J'ai la preuve que j'ai en effet avancé depuis mes débuts ici. Je l'ai enfin atteinte. Elle est juste là, en face. Je ne m'en approche pas trop vite, je déguste ce moment. Un sourire que je ne peux empêcher fait craquer mes lèvres gercées. Une goutte de sang tombe sur mon pied. Ce songe qu'Ils m'avaient inoculé (car d'où le tiendrais-je, si ce n'est d'Eux ?) est enfin devenu réalité. Je caresse la poignée, dont le contact frais sur ma paume, fait, j'en suis sûr, redescendre la température de mon corps de quelques degrés. Enfin. J'y suis arrivé. La Porte se dresse devant moi. Après tant d'efforts et de désillusions, je touche au but. Alors que je saisis le bouton dans ma main, il s'effrite et se fait immatériel, tel un bruissement que l'on a cru entendre. Mon sourire s'évapore lui aussi, et seul le point sur mon pied, poisseux et coloré comme du sirop de fraise, rappelle qu'il a existé.
Test ? Rêve éveillé ? Hallucination ? Illusion ? Mirage ? Je décide que c'est la dernière proposition, car ce que l'on voit dans celui-ci n'est-il pas que le reflet d'une même chose qui existe plus loin ? Je refuse de céder au désenchantement, de m'abandonner à ce sentiment pourtant si pratique qui consiste à tout laisser tomber. Je continuerai. Je veux continuer. Je dois continuer. Je continue. Il faut trouver l'origine de ce mirage. L'Origine. Si je voyais ça dans un film de science-fiction, je penserais que c'est bien trouvé. On garde, alors ! Cette porte, cette sortie de secours à laquelle ne manque que la proximité et le mot « EXIT » éclairé en vert au-dessus pour qu'elle soit parfaite, cette ouverture s'appelle désormais l'Origine. En route pour l'Origine !

# Posté le jeudi 29 mai 2008 13:47

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:35

K-1. L'enfer commence demain.XII

K-1. L'enfer commence demain.XII
Ça va que la suite était déjà écrite, je prends quelques minutes pour vous la mettre. J'espère que cette fois-ci vous me laisserez un peu plus de répit...
Pensez à moi demain matin, et à tous ceux qui vont souffrir pendant 4 heures dans une salle à réfléchir sur une question obscure telle que "les oeuvres d'art sont elles des réalités comme les autres?".
Merci d'avance de votre sympathie et de votre compassion...^^

Au fait ! Je renouvelle mon offre de lien, avec les mêmes règles que la dernière fois. À savoir deviner la suite de l'histoire, avec une seule participation par personne. Pensez-y!

Pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi. Je fouille mon passé à la recherche d'un indice, d'un détail, d'un fragment qui justifie ma présence ici. Certains moments m'ont paru convenir, mais aucun n'a résisté à la pression de la raison. Tel un archéologue, j'explore les différentes strates de ma vie. Heureusement que je suis encore jeune. Mais là j'vois pas, non. Et tout ça en sachant que je perds la moitié de mon poids à chaque pas, et que je dois réfléchir mais pas trop, car il faut rester éveillé mais aussi garder des forces pour avancer le plus possible. Je suis persuadé que si je m'arrête, c'est à jamais.
Autour de moi, une vingtaine de portes, dont aucune, j'en suis sûr, n'est l'Origine. Je n'ai qu'à les dépasser pour qu'elles disparaissent. Mon esprit me joue des tours. Ma vue me joue des tours. Ils me jouent des tours. Je ne peux rien faire pour empêcher ça, je le sais. Cela me désole de ne rien pouvoir contrôler. Ceci est un euphémisme. Ça me met en rage. Si j'avais eu de la force et ce sur quoi l'exercer, je casserais tout. Malheureusement je n'ai plus rien. Ma dernière étincelle d'espoir, celle qui me donnait le courage de continuer, vient de s'éteindre alors même que ces pensées présentes passaient à l'état de souvenir. La délivrance ne se présentera pas, je le sais maintenant, sous la forme d'une surface lisse, courbe et sombre mais sous celle d'une sieste après laquelle le réveil ne sonnera pas. À présent conscient de cette fatalité, je m'assois calmement en dépit du sol brûlant et laisse mes paupières recouvrir mes yeux. Le dernier paysage à s'imprimer sur ma rétine aura été comme une surface de neige encore non avilie par l'homme.

# Posté le dimanche 15 juin 2008 11:09

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:36

Intermède #3 : parlons de moi.

Intermède #3 : parlons de moi.
J'ai des histoires plein la tête, et, si je les écris, c'est avant tout pour moi. Mais si ça peut vous faire plaisir aussi...
Ça
a commencé là (article "pour ma lolo", puis suivez les flèches), il y a environ un an, puis ça a continué, jusqu'à maintenant. J'ai rempli, avec mon bic noir jaune fluo sponsorisé Radio France Outre-mer, de nombreuses feuilles arrachées à mes anciens cahiers. Ça fait d'ailleurs plaisir que ce soit la fin de l'année, j'ai pu renouveler mon stock. En ce moment je suis sur une adaptation, totalement libre, de A martyr for my love for you, des White Stripes. Vous y aurez probablement droit, en intermède.
Mes livr
es préférés? Les combustibles, d'Amélie Nothomb, et Chagrin d'école, de Daniel Pennac, parmi bien d'autres.
L'auteur
dont je veux lire l'intégrale cet été? Sartre, parce qu'il m'a permis d'être acceptée à Bordeaux.
Mes insp
irations pour cette histoire? Ballade au bout du monde, de Makyo (surtout les quatre premiers tomes), Le vent de feu de William Nicholson (principalement le premier de la série), Péplum d'Amélie Nothomb, et Princes et princesses, de Michel Ocelot.
Ce qu
'il m'est quasiment impossible de faire? Écrire directement sur l'ordinateur. Je me sens bien mieux quand, allongée sur mon lit, je peux mâchouiller mon stylo RFO et me servir de mon tas de feuilles comme oreiller.
Mes autres chez moi?
Madame-Aldebert bien sûr, mais aussi lipsticked-superstar, superbussofan et kevinjohansen, sachant que le premier est laissé en friche, que je n'habite le second que lorsque je n'ai nulle part ailleurs où aller, et que le troisième est une maison de vacances où je ne réside plus beaucoup.
Sinon, ce matin j'ai mangé du muesli au chocolat et demain j'ai mes oraux d'anglais spé et d'espagnol. Vous vous en foutez? En même temps, z'aviez qu'à pas lire, tout était précisé dans le titre. Je me fais l'article, quoi.

# Posté le dimanche 22 juin 2008 08:44

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:42

Déçue? Forcément un peu. Surtout pour seize points.XIII

Déçue? Forcément un peu. Surtout pour seize points.XIII
Bon, je sais je ne vous apprends rien, mais c'est les vacances. J'ai encore deux mois et demi à tirer (genre c'est la prison), il fait beau (ou presque), c'est les soldes, je suis bientôt majeure, et je suis toujours une adepte du HS.
En gros, rien n'a changé. Et en gros, ce que je viens de dire ne sert à rien.
La nouveauté du jour, par contre, c'est que j'arrête de demander un certain nombre de commentaires pour la suite. Bien entendu, ils sont toujours les bienvenus. Mais je mettrai la suite environ toutes les semaines ou tous les quinze jours, selon mes envies.
Ah oui, et puis pour le lien, toujours personne. À croire que je suis insondable. Tant pis, ce sera pour la prochaine fois.
Trêve de blabla, je lance la cassette. Ou plutôt le DVD, pour me mettre à l'ordre du jour.

Étendu, tel Jésus sur sa croix, avec la verticalité, les clous, la couronne d'épine, la foi et la croix en moins, j'ouvre les yeux. En fait je n'ai rien de commun avec Jésus, je suis juste allongé avec les bras écartés. Cette pâleur, on se croirait dans un hôpital. Pourquoi Diable serais-je couché par terre dans un hôpital où la climatisation ne marche pas ? Le temps d'une illumination et tout me revient. Ma comparaison avec Jésus n'était peut-être pas si injustifiée, finalement. Moi aussi, j'ai ressuscité ! Est-ce que l'on clamera mes louanges dans deux mille ans pour cet exploit ? J'en doute, vu que je n'ai pas cherché à sacraliser papa avant. Alors, je veux bien remercier le père de mon confrère, mais qu'est ce que je fais encore là ?
Ou alors j'ai vraiment un système immunitaire en béton. C'est une image, bien sûr. Je n'ai pas réellement du béton dans le corps. Enfin peut-être, je ne sais pas en fait. Je demanderai ça au premier docteur que je croise.
Bon, maintenant que je suis vivant, reste à voir jusqu'où. Super, je peux bouger les pieds et les mains. Ça fait mal, mais je peux. Étape suivante, se lever. Ça brûle mes doigts, mais au point où j'en suis, ça n'a plus une grande importance. Mon dos me fait souffrir, mes bras me font souffrir, ma tête me fait souffrir. Donc ils fonctionnent, c'est génial. En temps normal, je dirais que le monde tourne quand je bouge ma tête, mais là je n'en suis pas certain, étant donné que la vue est la même partout. Je ne vois autour de moi que du vide, comme d'habitude. Une fois assis, ma tête revient à la réalité. Je promène mon regard, cherchant du nouveau, quelque chose qui...À quoi jouent-Ils ? Je n'y comprends plus rien. Qu'attendent-Ils ? Quel est Leur système, Leur tactique ? Qu'espèrent-Ils en agissant ainsi ?
À une trentaine de centimètres de ma hanche gauche se trouvent deux bols, remplis à ras bord de deux contenus aux teintes antagonistes.

# Posté le samedi 12 juillet 2008 16:55

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:43

Te prendre en photo même de dos [ Paris de loin, Poney express ]XIV

Un conseil, mes amis : profitez bien des trente-trois premières lignes pour m'aimer, parce qu'à la trente-quatrième vous allez me détester....
Je suis sadique, je sais.

Comment ai-je pu survivre ? Comment est-il possible qu'après plusieurs heures (plusieurs jours ?) à me déshydrater, à brûler mes dernières ressources énergétiques, je sois encore là, en vie autant que je l'étais avant ? J'ai tout à l'heure évidemment et avidement englouti ce que je considère comme un don de la providence. Était-ce un test de Leur part ? Sont-ce eux qui, d'une manière inconnue, me maintiennent en vie ? Je me rends compte que je ne change pas depuis que je suis arrivé. Ma barbe n'a pas poussé plus que d'habitude en un seul jour. Je n'ai pas eu l'occasion de me laver, et pourtant je ne me sens pas sale. La chaleur, peut-être, empêche la crasse de se déposer sur ma peau tellement brûlée qu'elle en est devenue inexistante. J'ai l'impression de mourir d'étouffement à chaque bouffée que j'inspire, et pourtant je transpire à peine. Comme dirait Juliette, il y a comme un problème. Quelque chose qui n'est pas logique. Comme si à un moment, les évènements avaient cessé d'avoir les conséquences escomptées.
Ne suis-je qu'un jouet à la merci de mon imagination ? On en a déjà discuté, je crois. Hier, peut-être, ou avant-hier. Ou bien le mois dernier. Marcher au soleil me fait perdre tous mes repères. Sauf que je n'ai pas chaud, je cuis. Et je ne marche pas, je tombe. Chacun de mes pas n'est qu'une chute rattrapée in extremis vers la lave en fusion qu'est le sol. Souvent, je me demande pourquoi j'avance. Mais j'y trouve autant de réponses qu'à la question « pourquoi m'arrêter ? », alors je continue.
Je prends tout de même ça avec philosophie (avec qui ? Connais pas.), non, tu ne trouves pas ? Un autre, dans la même situation, aurait de suite sorti son portable et hurlé, dès que son interlocuteur aurait décroché, « Maman vient me chercher ! ». Toi, par exemple, tu aurais fait quoi ? Ah zut. Toi, c'est moi. Et moi, tu vois, je me contente d'avancer et d'accepter ce qui m'arrive. Ou presque. J'ai du self-control, hein ?
C'est moi ou il y a un truc là-bas ? Ah non, j'ai dû rêver. Si, le voilà qui revient ! Il disparaît à nouveau. Peut-être n'apparaît-il que pas intermittence ? Dès que je cherche à me prouver qu'il existe, il n'est plus là. En regardant en haut à gauche, j'arrive à le voir en continu. C'est trois fois rien, juste un point minuscule, mais c'est tellement différent de tout le reste que ça me redonne espoir, en fait. Pour l'instant, je suis encore loin, je peux faire des grandes foulées, mais en m'approchant, il faudra que je ralentisse, pour ne surtout pas l'effrayer si c'est quelque chose de vivant. Non ! Ne cherche pas à le regarder, ça le fait fuir !
Petit à petit, presque imperceptiblement, il grossit, passe du petit point au petit pois, du petit pois au pois, du pois au cercle, du cercle à la poignée de porte. L'Origine.
Ça y est, j'y suis. Seulement un mètre m'en sépare, et cette fois-ci, je suis sûr que c'est la bonne. Je tends mes bras, avance d'un pas, et le bout de mes doigts rencontre une surface plane et fraîche. Un mur. J'y devine à peine la rainure marquant l'emplacement de l'ouverture, elle est si fine qu'une main non avertie ne la sentirait pas. Du travail d'artiste.
Je me décide enfin à attraper ce bouton qui a hanté tant de mes rêves. Il ne cède pas, ne s'effrite pas, je ne me réveille pas. Je tourne, et le tire petit à petit vers moi. Ce qui n'était qu'une fente invisible devient un trait. Je vois enfin autre chose que de la lumière. J'ouvre la porte en grand.
Te prendre en photo même de dos [ Paris de loin, Poney express ]XIV

# Posté le lundi 21 juillet 2008 08:44

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:48