Voilà. C'est la suite. Je vais pas dire la "vraie" suite, parce que tout ça n'est qu'une histoire d'imagination, et que donc il n'y a pas de "véritable" suite, mais c'est ma suite. Celle que j'ai inventé. En tous cas personne n'a trouvé la bonne réponse, donc pas de lien. Mais merci d'avoir fait vos propositions, ça m'a fait plaisir de voir que l'imagination n'est pas encore en voie d'extinction. Je reproposerais peut être, à l'avenir, si la situation s'y prête, d'autres "jeux" tels que celui ci.
Le mot du jour? VIVE LES VIADUCS !!
Et petit communiqué : je ne préviens pour la suite que les gens qui me laissent un commentaire sur la dernière partie. Merci de votre attention.
« Et la lumière fut. » J'aimerais bannir à jamais cette phrase de la Bible. « Et la lumière fut. » Dieu n'a pas dû bien réfléchir aux conséquences de ses actes en appuyant sur l'interrupteur. C'est les yeux clos et à tâtons que je cherche de quoi me sustenter. Mes doigts passent à quelques millimètres au-dessus de la plaque chauffante. Je les promène autour de moi, mais aucun obstacle ne barre leur chemin. Ils font des cercles de plus en plus larges. Je n'ai jamais été aussi content de me réveiller que toute à l'heure. Véritable soulagement de voir que, même si mon corps n'est plus qu'une immense cloque, je suis toujours vivant. Mes mains ne heurtent toujours rien. D'ordinaire, ils ne sont jamais si loin. Dans un soupir de résignation, je soulève mes paupières.
Rien. Une onde de panique déferle sur moi. Rien. Les aurais-je renversés ? Je me lève précipitamment. Rien. Que se passe-t-il ? Les règles du jeu auraient-elles changées pendant ma plus longue marche qui a été ? Il n'y a rien. Nulle part. Y aurait-il réellement quelqu'un pour m'observer, pour me contrôler ? Quelqu'un qui décide que je ne peux pas, ne doit pas manger ? Quelqu'un qui tient ma vie entre ses mains ? Suis-je aussi seul que ce désert me le laisse supposer ? Je halète. J'ai fait ça pour rien. J'ai risqué ma vie dans l'espoir de la sauver. Et je me retrouve sur la ligne de départ. Je ne peux pas nourrir mon corps, et mon esprit n'a déjà plus le souvenir du goût de la vie. Ma chair va mourir, mais ma mémoire a déjà été assassinée par le vide. Je ne suis plus qu'une enveloppe charnelle sans grande valeur. La vague d'angoisse refoule pour laisser place à un sable mouillé de désespoir et d'abandon. À quoi bon. J'aurais survécu jusqu'à maintenant, j'aurais réussi à garder mon corps plus ou moins en état de marche, et mon esprit un tant soit peu éveillé, pour que tout s'arrête ici. Comment, lorsque l'on est habitué à l'opulence alimentaire et visuelle, tenir un temps qui me semble tellement long, sans rien avaler ? Je risque de devenir un légume, à défaut de pouvoir en manger, sans rien pour alimenter mon cerveau. Je tente de m'allonger, mais une douleur cuisante m'en empêche. Je ne sais pas quelle doit être ma réaction. On ne vous entraîne jamais à faire face à une telle situation. On devrait, pourtant, ça nous éviterait de perdre du temps à comprendre lorsque l'on s'y retrouve. Parce qu'il est précieux, quand la source d'énergie est tarie.
Soit je suis réellement seul, et rien que je fasse n'y changera quoi que ce soit, donc autant renoncer. Soit ce n'est qu'un rêve, certes aux allures de réalité, mais un rêve dans lequel agir ne servira qu'à faire fonctionner mes neurones. Soit il y a vraiment quelqu'un, ce « Ils » que j'ai un instant pensé avoir imaginé existe véritablement. Et dans ce cas-là, Ils veulent me tuer. Laisser quelqu'un dans un tel environnement, sans rien à manger, constitue en soi-même un aveu de v½u de meurtre. Dans ce cas-là, je ne peux que me battre. Ils ne m'auront pas.
Je me lève en essayant de ne pas trop toucher le sol, ma tête me tourne, j'espère que je ne vais pas tomber d'inanition. Je crois que ma direction était celle-ci.