Intermède #2 : Genèse

Intermède #2 : Genèse
Je vais ici répondre à la fameuse question que, je suis sûre, vous vous posez tous. À savoir : mais comment a-t-elle eu l'idée d'une telle histoire?
Bon. Je vous re-situe le contexte. Nous sommes un vendredi matin de janvier, salle 208, premier DS de philo de l'année (4h). Évidemment je suis pas là à l'heure (descendue déjeuner trop tard), donc j'ai pas la place FFR (fond-fenêtre-radiateur). Enfin j'ai pas le fond quoi. Je suis au deuxième rang, mais j'ai quand même la fenêtre et le radiateur. J'ai pris l'explication de texte parce que la dissert m'inspirait pas. Comme nous sommes en hiver, il fait encore un peu nuit à 8h00. Les réverbères de la ville sont allumés, et, pendant la première demi-heure, j'essaye de voir à quelle heure ils s'éteignent. Comme j'ai un instinct du tonnerre, je regarde à chaque fois pile au moment. Oui parce que ça s'éteint pas tout en une fois! Bref je fais un peu semblant de bosser quand même aussi.
Et tout d'un coup... paf! l'illumination. Je vois une histoire en deux couleurs qui commence à se dessiner dans ma tête. Parce que avant d'être des mots c'était du visuel. Et là je commence à tourner les phrases dans ma tête, Hegel n'est déjà plus qu'un lointain souvenir.
Et puis ressaisis-toi Loriane, c'est ni le lieu ni l'endroit pour penser des trucs pareils, reconcentres-toi sur ce que dit Hegel sur la conscience et l'art, c'est ça qui est important pour l'instant. Bon gré, mal gré, je m'y remets. Tout en me promettant de réaliser plus tard, chez moi, mon projet. Avec une petite note sur mon brouillon pour m'en souvenir
Bref, au bout de 3h j'ai fini.
Et en rentrant, le soir ou le lendemain je sais plus, Je couche sur le papier les idées lumineuse qui m'étaient apparues.^^

Ci-contre mon brouillon. En plus du plan de mon explication, vous y trouverez les heures d'extinction des lampadaires, quelques dessins magnifiques^^ et la note pour me rappeler mon histoire. À vous de me dire ce qui est quoi!

# Posté le jeudi 24 avril 2008 10:14

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:28

Il aurait un rire sardonique qui inspire la terreur, pas trop sardonique non plus parce qu'il sait pas ce que ça veut dire. [ Bénabar ]VII

Il aurait un rire sardonique qui inspire la terreur, pas trop sardonique non plus parce qu'il sait pas ce que ça veut dire. [ Bénabar ]VII

Depuis le début, Ils essaient de m'empoisonner. Je suis persuadé qu'il y a dans cette nourriture une substance toxique, ou tout du moins nocive pour le cerveau. Addictive, c'est moins sûr puisque je n'ai pas le choix de le consommer. Mais si je l'ai ! Je peux choisir de ne pas manger et de mourir d'inanition ! Comme de toute façon je vais finir ici, autant que j'arrête dès demain d'ingurgiter ce poison qui me détruit de l'intérieur et que je décide seul de mon décès. À moins que ce ne soit ce qu'Ils désirent ? Que je me suicide pour ne pas être responsables de ma mort ? Ce sont des lâches. Incapables de tuer quelqu'un proprement par Eux-mêmes, Ils le poussent jusqu'à la folie et attendent qu'il attente (avec succès) à sa vie. Je ne deviendrai pas fou. Je ne deviens pas fou. Je ne suis pas fou. Quand on essaye de se persuader d'une chose c'est qu'elle est fausse. Donc je suis en train de devenir fou. Ceci est un problème d'ordre A. déclencher la procédure d'urgence. Premièrement, réfléchir de façon raisonnée. Faire le point sur la situation. Je suis actuellement dans un endroit indéterminé, plat et vide aussi loin que ma vue porte. Donc je suis seul et je parle à des entités inexistantes (signe numéro un de la folie). Je trouve à chacun de mes réveils deux bols de nourriture, que je crois empoisonnés, mais cela n'est pas possible car je suis seul. Donc je deviens paranoïaque (signe numéro deux de la folie). Une fois les torts identifiés, passer à la deuxième phase de la procédure : essayer d'y remédier. Mon objectif primaire devient dès maintenant l'arrêt de mon monologue inutile et la cessation de mon sentiment d'être surveillé. Contrôler en permanence ces deux éléments. Étape numéro trois, envisager la suite immédiate du déroulement des opérations en fonction des conclusions précédentes. Deux options s'offrent à nous, mon capitaine : micro-ondes ou rôtissoire. Comment préférez-vous votre viande ? Je ne comprends pas, lieutenant, que voulez-vous dire ? Cela signifie, mon capitaine, que soit nous restons sur place et serons saisis par la canicule, et le supplice sera moins long, soit nous avançons et cuirons à petit feu, ce qui nous laisse une chance de plus de défaire nos adversaires. Quels adversaires, lieutenant ? N'avions-nous pas dit que nous étions seuls ? Si, mon capitaine. Mais nous devons envisager toutes les éventualités, y compris celle où nous devrions combattre. Vous avez raison, lieutenant, votre formation a été efficace. Veuillez maintenant vous retirer, je vais délibérer.
Je bouillonne, c'est évident. Mon sang afflue à la surface de ma peau, à la recherche d'une issue, d'une sortie, d'une évasion possible. Je vais finir par imploser. Se décider, vite. Avancer ou s'arrêter ? Mes pieds, empaquetés dans une bande que j'ai déchirée de ce qui me sert de vêtement, ont déjà perdu une partie de leur peau. Marcher me sera douloureux. Mais s'il y a un moyen de sortir d'ici, il n'est pas là où je suis. Donc, avancer. C'est la solution la plus rationnelle, elle correspond à ce nouvel état d'esprit que je m'impose, dans le but de rester maître de moi-même et d'entériner la démence qui me guette. Un pied devant l'autre, faire abstraction de la douleur, ne penser qu'à la délivrance qui m'attend forcément quelque part.

# Posté le vendredi 25 avril 2008 13:12

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:54

De nos jours, il y a là, sans conteste, un taudis d'une étendue respectable, et d'une respectabilité moins étendue [ John Irving, Un enfant de la balle ]VIII

Trop court, dites-vous? Et alors! C'est pour le bien du suspense. Et puis écrit à la main ça faisait plus long aussi il faut dire. Et si vous ne voulez pas vous en contenter, revenez pour le prochain chapitre!

Droit, gauche, droit, gauche, droit, gauche. Respirer par le nez pour éviter à la bouche de se dessécher. Ne penser qu'à l'alignement des pieds. Droit, gauche, droit, gauche. Oublier les yeux qui me piquent à cause du manque de sommeil, oublier les jambes endolories par trop de marche forcée, oublier la chair à vif de mes talons qui frotte contre le tissu. Me rappeler que j'ai choisi d'avancer pour ma survie. Croire qu'un monde meilleur m'attend de l'autre côté de la ligne d'arrivée. Ne pas se remémorer le passé, ne pas imaginer le futur, au risque de s'y perdre et de défaillir. Ne penser qu'au présent. Droit, gauche. S'attacher uniquement à résoudre la question qui me préoccupe actuellement. Dormir ou continuer ? S'allonger pour peut-être ne jamais se relever ou marcher jusqu'à tomber d'épuisement ? Se laisser emporter par le sommeil sachant que je peux tout aussi bien me réveiller et manger que quitter Morphée pour Hadès ? Je suis surtout préoccupé par la question de la nourriture. Je ne trouve de quoi me restaurer qu'après avoir dormi. Si j'avance, je meurs, à moins d'arriver rapidement au bout. Si je m'arrête, j'ai une chance de continuer. Droit, gauche, plus rien. Mes muscles cessent de me soutenir. Obscurité totale. Je sombre.

Ici, j'offre un lien. Pour le premier qui trouvera ce qui se passe ensuite. Enfin dans la suite immédiate, quoi. J'attends toutes vos hypothèses, même les plus invraisemblables. Un conseil : si vous étiez moi, que feriez-vous? Qu'imagineriez-vous?
Et attention! J'accepte une seule réponse par personne, alors choisissez bien!
Et puis soyez sympas, pensez aux autres. Vu que je mettrai la suite quand il y aura 20 commentaires, ce serait bien de laisser sa chance à chacun... Et souvenez vous que je préfère un seul commentaire de pleins de lignes à pleins de petits de trois mots...
De nos jours, il y a là, sans conteste, un taudis d'une étendue respectable, et d'une respectabilité moins étendue [ John Irving, Un enfant de la balle ]VIII

# Posté le samedi 26 avril 2008 10:04

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:31

You're like a little girl yelling at Her brother 'cuz You lost His ball. [ The White Stripes, Effect and cause ]IX

You're like a little girl yelling at Her brother 'cuz You lost His ball. [ The White Stripes, Effect and cause ]IX
Voilà. C'est la suite. Je vais pas dire la "vraie" suite, parce que tout ça n'est qu'une histoire d'imagination, et que donc il n'y a pas de "véritable" suite, mais c'est ma suite. Celle que j'ai inventé. En tous cas personne n'a trouvé la bonne réponse, donc pas de lien. Mais merci d'avoir fait vos propositions, ça m'a fait plaisir de voir que l'imagination n'est pas encore en voie d'extinction. Je reproposerais peut être, à l'avenir, si la situation s'y prête, d'autres "jeux" tels que celui ci.
Le mot du jour? VIVE LES VIADUCS !!

Et petit communiqué : je ne préviens pour la suite que les gens qui me laissent un commentaire sur la dernière partie. Merci de votre attention.

« Et la lumière fut. » J'aimerais bannir à jamais cette phrase de la Bible. « Et la lumière fut. » Dieu n'a pas dû bien réfléchir aux conséquences de ses actes en appuyant sur l'interrupteur. C'est les yeux clos et à tâtons que je cherche de quoi me sustenter. Mes doigts passent à quelques millimètres au-dessus de la plaque chauffante. Je les promène autour de moi, mais aucun obstacle ne barre leur chemin. Ils font des cercles de plus en plus larges. Je n'ai jamais été aussi content de me réveiller que toute à l'heure. Véritable soulagement de voir que, même si mon corps n'est plus qu'une immense cloque, je suis toujours vivant. Mes mains ne heurtent toujours rien. D'ordinaire, ils ne sont jamais si loin. Dans un soupir de résignation, je soulève mes paupières.
Rien. Une onde de panique déferle sur moi. Rien. Les aurais-je renversés ? Je me lève précipitamment. Rien. Que se passe-t-il ? Les règles du jeu auraient-elles changées pendant ma plus longue marche qui a été ? Il n'y a rien. Nulle part. Y aurait-il réellement quelqu'un pour m'observer, pour me contrôler ? Quelqu'un qui décide que je ne peux pas, ne doit pas manger ? Quelqu'un qui tient ma vie entre ses mains ? Suis-je aussi seul que ce désert me le laisse supposer ? Je halète. J'ai fait ça pour rien. J'ai risqué ma vie dans l'espoir de la sauver. Et je me retrouve sur la ligne de départ. Je ne peux pas nourrir mon corps, et mon esprit n'a déjà plus le souvenir du goût de la vie. Ma chair va mourir, mais ma mémoire a déjà été assassinée par le vide. Je ne suis plus qu'une enveloppe charnelle sans grande valeur. La vague d'angoisse refoule pour laisser place à un sable mouillé de désespoir et d'abandon. À quoi bon. J'aurais survécu jusqu'à maintenant, j'aurais réussi à garder mon corps plus ou moins en état de marche, et mon esprit un tant soit peu éveillé, pour que tout s'arrête ici. Comment, lorsque l'on est habitué à l'opulence alimentaire et visuelle, tenir un temps qui me semble tellement long, sans rien avaler ? Je risque de devenir un légume, à défaut de pouvoir en manger, sans rien pour alimenter mon cerveau. Je tente de m'allonger, mais une douleur cuisante m'en empêche. Je ne sais pas quelle doit être ma réaction. On ne vous entraîne jamais à faire face à une telle situation. On devrait, pourtant, ça nous éviterait de perdre du temps à comprendre lorsque l'on s'y retrouve. Parce qu'il est précieux, quand la source d'énergie est tarie.
Soit je suis réellement seul, et rien que je fasse n'y changera quoi que ce soit, donc autant renoncer. Soit ce n'est qu'un rêve, certes aux allures de réalité, mais un rêve dans lequel agir ne servira qu'à faire fonctionner mes neurones. Soit il y a vraiment quelqu'un, ce « Ils » que j'ai un instant pensé avoir imaginé existe véritablement. Et dans ce cas-là, Ils veulent me tuer. Laisser quelqu'un dans un tel environnement, sans rien à manger, constitue en soi-même un aveu de v½u de meurtre. Dans ce cas-là, je ne peux que me battre. Ils ne m'auront pas.
Je me lève en essayant de ne pas trop toucher le sol, ma tête me tourne, j'espère que je ne vais pas tomber d'inanition. Je crois que ma direction était celle-ci.

# Posté le mercredi 07 mai 2008 08:10

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:32

"-Ils ont essayé et ils ont échoué? Tous? -Oh, non! (Elle secoua la tête). Ils ont essayé et ils sont morts." [ Frank Herbert, Dune ]X

"-Ils ont essayé et ils ont échoué? Tous? -Oh, non! (Elle secoua la tête). Ils ont essayé et ils sont morts." [ Frank Herbert, Dune ]X
Micro chapitre, je sais. Et alors? C'est pas que le Bac c'est dans trois semaines mais bon... presque, quoi. En même temps je dis ça mais les révisions sont toujours à l'état de projet, alors j'ai pas d'excuses. Mais je fais ce que je veux, c'est pas vous qui allez me donner des ordres chez moi, non?

Je n'aurais pas dû. Je n'aurais jamais dû me remettre à avancer le ventre vide. Ça Leur donne une chance de plus de m'avoir. Je suis desséché. Ils m'ont asséché. Si ça se trouve, je ne fais que refaire, à chaque fois, des allers-retours incessants entre mon point de départ et mon point d'arrivée du premier jour. Si ça se trouve, je suis en train de refaire mon trajet d'hier, mais dans l'autre sens. Si ça se trouve, chaque nuit Ils me tournent pour me donner l'impression d'avancer alors que je ne fais que du sur-place. Si ça se trouve, je circule dans le même périmètre depuis des jours, des semaines, des mois, des années ? Si ça se trouve, je suis mort, et ici c'est l'enfer. Ce n'est pas du tout la représentation qu'on en a. Quoique ça n'en soit pas si éloigné. C'est la chaleur et la torture sans le feu. Ils, c'est en fait Il, c'est Satan, c'est pour ça que Dieu n'a pas répondu à mes prières, parce que je suis déjà condamné. Je suis un con damné. Mais pour quelle raison ? Qu'ai-je fait de mal ? Qu'ai-je fait pour mériter ça ? Pourquoi ? Tel un leitmotiv, ce mot tourne et retourne dans ma tête. Pourquoi ? Pourquoi ça ? Pourquoi moi ? Le désir d'obtenir une réponse me force à avancer.

# Posté le vendredi 23 mai 2008 13:39

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:34