Dossiers dossiers dossiersIII

Dossiers dossiers dossiersIII
Parce que c'est toujours les mêmes qui mettent des commentaires. Y en a marre! Les autres exprimez-vous quoi !

C'est maintenant une routine. Marcher, dormir, trouver le lait et les mûres. Le tout sous cet éclairage qui ne change jamais. Il fait de plus en plus chaud. J'ai perdu la notion du temps. Et, ici, le temps passe-t-il ?

Je marche toujours. Au loin, juste devant moi, je commence à distinguer un point sombre. Plus j'avance, plus il grossit. Je cours. Je touche au but. Ça y est, je suis devant. C'est un bouton de porte. Lentement, j'approche ma main. Je retiens ma respiration, de peur qu'il ne lui arrive quelque chose. Je tourne la poignée, dure et froide. Le contour sombre en rectangle de la porte se détache parmi la lueur blafarde de tout ce qui m'entoure. Les battements de mon c½ur sont plus rapides. Je tire.
Je cligne des yeux. Encore ce rêve. Toujours le même, depuis plusieurs nuits. Enfin, ce que j'appelle « nuit ». Tout est toujours aussi éclatant et virginal. Pas le moindre point plus foncé à l'horizon, ou plus proche, pour me redonner espoir. La moindre tache sur mon vêtement immaculé serait la bienvenue. Se remettre à marcher, dans l'attente que cela se produise.

# Posté le lundi 24 mars 2008 13:24

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:21

Intermède #1 : Madame Aldebert

Intermède #1 : Madame Aldebert
Des fois ça m'arrivera, comme ça, de mettre des textes sans aucun rapport avec l'histoire principale. Ce sont des intermèdes, dont voici le premier.

Madame Aldebert est folle de son idole. Un jour, Madame Aldebert l'épousera. Elle a eu la confirmation des végétaux, c'est pour ça que Madame Aldebert s'appelle déjà Madame Aldebert. Madame Aldebert s'en fiche qu'il ait le double de son âge, comme ça elle touchera l'héritage. Madame Aldebert prendra comme témoins Lauriane et Sarah, elle leur a promis. Madame Aldebert a tout prévu. Et, le cas échéant, Madame Aldebert épouserais Lauriane ou son chat. Madame Aldebert dit beaucoup de conneries. Madame Aldebert écoute en boucle l'homme de sa vie.Madame Aldebert a les larmes aux yeux sur Quelle heure est-il, une boule dans le ventre sur La dame aux camel light et une folle envie de crier sur La plage. Madame Aldebert espère que son futur mari n'est pas allergique aux chats. Sinon c'est pas grave, Madame Aldebert sera riche plus vite.Madame Aldebert dit vraiment beaucoup de conneries. Madame Aldebert a des rêves d'amour, de succès, de superstarisme et de livres par milliers. Madame Aldebert est une feignasse qui veut vite devenir riche et célèbre pour que grass' mat' ce soit tous les jours. Madame Aldebert veut voyager, découvrir, toucher, goûter, écouter, voir, sentir, ressentir. Madame Aldebert a la tête pleine de rêves à réaliser. Et Madame Aldebert dit décidément beaucoup trop de conneries.

# Posté le samedi 29 mars 2008 12:53

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:21

Damned, ça va jamais rentrer!!IV

Damned, ça va jamais rentrer!!IV
Let's get crazy...

Remerciement au passage à mon correcteur automatique personnel de fautes d'orthographes, qui intervient quand mon cerveau ou mon ordinateur me font défaut. Parce que j'ai quand même du mal avec les "s" à la première personne...


J'étouffe. Je n'ose pas enlever mes habits, de peur qu'on ne me regarde, qu'Ils ne me regardent. Je me fais peut-être des films, je n'ai jamais vu personne, ni quoi que ce soit d'ailleurs. À part les deux bols à chacun de mes réveils, rien. Mais je sais qu'ils ne sont pas arrivés là tout seuls, et moi non plus. Je ferai tout pour retrouver la fraîche journée d'hiver d'où je viens. Respirer l'air pur qui pique la gorge par sa froideur, expirer de la fumée, sentir le vent glacial qui fouette le visage, voir le contraste d'une silhouette d'arbre décharné se découpant sur le ciel pâle.
Je le vois. Je sens mes pas s'enfonçant dans la neige. Je n'avais en fait qu'à imaginer pour remplir le vide. Je suis Dieu faisant surgir le monde du néant. Si j'y avais pensé plus tôt, je ne serais pas resté emprisonné tout ce temps dans cet infini de lumière. Je n'avais qu'à me souvenir pour déclencher un nouveau big-bang.
Un étourdissement. Ébloui comme par un flash d'appareil photo, je m'effondre. Dans ma semi conscience, je perçois néanmoins la chaleur du sol. Où est passée la neige ? Dans un éclair de lucidité, une révélation s'impose à moi : il y a le chauffage au sol ! Ça l'a fait fondre !
J'ouvre les yeux et tente, vainement, de me relever. Qu'est-il advenu de mon paysage ? Ce sont eux, Ils l'ont fait disparaître, Ils veulent m'épuiser. J'ai beau me concentrer sur cette image, rien ne vient. Ils ne veulent pas me laisser partir. Ils veulent que je Leur sois soumis. Mais Ils ne m'auront pas, je m'enfuirai avant, par la porte au bouton couleur de suie. Je m'échapperai, je ne Les laisserai pas m'attraper. Plutôt mourir que de Les laisser me dominer ! Je vais me reposer pour reprendre des forces, et demain, je Leur montrerai à qui Ils ont affaire. Surtout, ne dormir que d'un ½il pour le cas où Ils viendraient...

# Posté le samedi 05 avril 2008 13:47

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:23

Milk shake. Tu préfères 1000 chèques de 1¤ ou 1 chèque de 1000¤?V

Milk shake. Tu préfères 1000 chèques de 1¤ ou 1 chèque de 1000¤?V
Le titre c'est copyright mon papa!

Clignement d'yeux. J'ai l'impression de sortir d'un long rêve cotonneux. Puis hier, mon malaise, mon délire me reviennent. Il a dû être provoqué par l'air si suffocant de cet endroit. Je n'ai probablement pas réussi à reproduire mon décor dans la réalité, ce n'était qu'une impression donnée par ma divagation due à la chaleur. Et Les craindre ne m'a pas empêché de dormir comme une souche. Je vais me remettre en route. À quelques centimètres de moi, les deux bols habituels.

« Vous voulez me faire craquer, c'est ça ? » Je titube, tombe, très bas, trop bas. Je touche enfin le sol, brûlant. Il laisse des cloques sur mes pieds depuis quelques heures déjà. Je me relève, une fois de plus. Mes bras couleur fraise des bois me sont douloureux. C'est Eux. Ils ont tout manigancé, Ils veulent que je Leur obéisse, que je Leur parle, que je m'arrête, je ne sais plus, je ne sais pas. Mais je n'abandonnerai pas. Je ne Leur laisserai pas la victoire. Je continue à marcher, et les seuls mots que je Leur crie sont des insultes et des défis. Surtout Leur faire croire que je suis en position de force, de taille à Les combattre, à Les battre. Avancer en essayant de garder le cap. Ma vue se trouble à cause de cette foutue fournaise qu'Ils ont provoquée, j'en suis sûr, pour me perturber. Qu'importe, il n'y a de toute façon rien à voir que cette pâleur morbide. J'étouffe, ma gorge est sèche, je vois des pois qui clignotent, c'est Eux, c'est certain, Ils m'éblouissent avec Leurs phares, quelle voiture peut en avoir d'aussi puissants ? À cause d'Eux, je vais perdre la vue, devenir aveugle, merde, en plus l'oculiste d'à côté de chez moi a pris sa retraite, Ils sont décidément au courant de tout, je ne peux rien Leur cacher, mais alors qu'attendent-ils de moi ? Je suis sûr que c'est Leur meilleur atout, ça, de ne pas me dire ce qu'Ils veulent, car, comment cacher quelque chose que l'on ne sait pas recherché, si ça se trouve je vais le laisser échapper, comme ça, par inadvertance, et peut être Leur ai-je même déjà donné, qu'est-ce que j'ai dit et fait depuis que je suis ici qui ait pu les intéresser, qu'est-ce que je pourrais dire et faire d'intéressant pour Eux ? Je vais m'arrêter et y réfléchir, car le mieux pour ne pas leur donner d'indices est de ne rien faire. Mais non, ne pas s'arrêter, c'est peut-être ce qu'Ils veulent, à moins qu'Ils n'attendent que je continue et m'épuise pour m'attraper. S'arrêter ? Continuer ? Ma tête me tourne, je ne sais pas quoi choisir, Ils sont très forts, c'est ce doute qu'Ils veulent que je gobe, ne pas Les laisser gagner, prendre une décision, vite...
Je m'effondre.

# Posté le samedi 19 avril 2008 13:28

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:25

Est-ce que tu vois, toi aussi, quand tu fermes les yeux... Hein? A pas tout saisi...VI

Est-ce que tu vois, toi aussi, quand tu fermes les yeux... Hein? A pas tout saisi...VI
Parce que j'aime beaucoup cette chanson de Cali, mais voir les yeux fermés, chez moi c'est pas trop possible. Sinon elle fleure bon mai 68, la liberté et la révolte que nous autres, jeunes, devrions entamer avant qu'il ne soit trop tard. A part ça aucun rapport avec la suite de mon texte.

Bouche enfarinée, tête trop lourde à porter. Diagnostique : gueule de bois. Qu'est-ce que j'aie bien pu boire qui m'a mis dans cet état-là ? En plus j'ai pas dû penser à fermer les rideaux, la lumière du soleil fait battre plus fort le sang sur mes tempes. À l'intérieur de mon crâne, ça résonne comme dans un amphi vide. Et j'ai même pas pris la peine de me mettre dans mon lit, je me suis affalé sur le parquet de la cuisine. Mais qu'est-ce que j'ai fait hier soir ? Pourvu que j'ai pas ramené de fille ici ! Non, sinon je ne dormirais pas dans la cuisine. Ça aurait été une erreur fatale, même si Juliette est à Edimburgh pour son stage. Quoi qu'elle en profite peut-être aussi... Je l'appellerai, ce soir, ça fait longtemps. Merde, j'ai plus de crédit. Tant pis, je ne vais pas racheter une carte exprès. Mais elle, elle l'aurait fait. Bon, je verrai ça plus tard. Pour l'instant, je vais me lever, et boire un grand verre d'eau pour faire passer tout ça.
Oh non. Pas ça. Dites-moi pas que c'est pas vrai. S'il vous plait mon Dieu faites que ce soit une hallucination, un effet secondaire de l'alcool, et je vous jure que je n'en bois plus une goutte de ma vie et que je me fais moine. Enfin non, pas moine, quand même, mais je me ferai baptiser. C'est un bon deal, non ? Un alcoolique en moins, un croyant en plus. Hein, Dieu, on fait comme ça ? Je vais fermer les yeux cinq secondes, et, quand je les ouvrirai, je verrai le bas de mon frigo. Bon, j'y vais. Un, deux, trois, quatre, cinq.
Merde. Merde merde merde merde merde. Dieu n'existe pas, ou alors je ne l'intéresse pas. À moins que ce ne soit moi qui n'existe pas ? Si ça se trouve, je n'ai jamais existé, je n'ai fait que rêver jusqu'à maintenant, et la réalité, je l'ai sous les yeux, la réalité c'est Matrix. Ah non, je n'ai pas la même liberté de mouvement. Calmons-nous, et reprenons. Je suis toujours dans cette foutue réalité parallèle, Dieu n'existe toujours pas, il fait toujours une chaleur tropicale et j'ai toujours ces deux putains de bols à côté de moi, toujours remplis de la même chose. « Ça vous dirait pas de me mettre au régime steak frite ? », Je leur crie en me relevant. D'un coup, tout ça m'énerve. C'est chaque fois pareil. Dès qu'on arrive à conduire sa vie dans une bonne direction, paf ! On vous envoie des emmerdes ! Comme si c'était interdit d'être heureux. J'ai une violente envie de shooter dans quelque chose, mais, à part mon repas du jour, il n'y a rien. Et j'ai faim. Alors tant pis, je mange et je me tais.

# Posté le dimanche 20 avril 2008 09:48

Modifié le samedi 10 octobre 2009 09:26