C'est maintenant une routine. Marcher, dormir, trouver le lait et les mûres. Le tout sous cet éclairage qui ne change jamais. Il fait de plus en plus chaud. J'ai perdu la notion du temps. Et, ici, le temps passe-t-il ?
Je marche toujours. Au loin, juste devant moi, je commence à distinguer un point sombre. Plus j'avance, plus il grossit. Je cours. Je touche au but. Ça y est, je suis devant. C'est un bouton de porte. Lentement, j'approche ma main. Je retiens ma respiration, de peur qu'il ne lui arrive quelque chose. Je tourne la poignée, dure et froide. Le contour sombre en rectangle de la porte se détache parmi la lueur blafarde de tout ce qui m'entoure. Les battements de mon c½ur sont plus rapides. Je tire.
Je cligne des yeux. Encore ce rêve. Toujours le même, depuis plusieurs nuits. Enfin, ce que j'appelle « nuit ». Tout est toujours aussi éclatant et virginal. Pas le moindre point plus foncé à l'horizon, ou plus proche, pour me redonner espoir. La moindre tache sur mon vêtement immaculé serait la bienvenue. Se remettre à marcher, dans l'attente que cela se produise.
