Au passage, merci à elle qui m'a quand même mis 9 commentaires sur 10 pour la partie précédente.
Marcher n'est pas désagréable. Il règne ici une tiédeur rappelant celle d'une journée de printemps ensoleillée. Mes vêtements clairs maintiennent la température de mon corps. J'avance, en ligne droite, sans aucune notion du temps qui passe. La seule ombre au tableau est cette lumière éblouissante.
Je suis fatigué. Je m'arrête et je m'allonge, le sommet de mon crâne indiquant la direction que je devrai suivre à mon réveil. La tête dans les mains, j'arrive à me donner l'impression d'une nuit de pleine lune.
Je me sens courbaturé. J'ouvre les yeux. Ce n'était donc pas un rêve. En écartant mon bras, je heurte quelque chose de dur. Deux bols en faïence, l'un contenant du lait, l'autre des mûres. Comment sont-ils arrivés là ? Qui les a apportés ? Depuis combien de temps n'ai-je pas mangé ? Le lait, tiède, crémeux, semble tout juste trait, tandis que les mûres, fraîches, évoquent une journée venteuse d'automne. Je reprends ma marche dans la direction que je crois être celle d'hier.
