Il fait froid. Au-dessus de ma tête, un ciel de neige. Sous mes pas, la neige tombée du ciel crisse.
Boum.
J'ouvre les yeux. Les ai-je réellement ouverts ? Je n'y vois rien, pas le moindre petit rai de lumière qui perce. Sous mon corps allongé, le sol glacial est agité de soubresauts. Il tremble.
Boum.
La lumière perce à travers mes paupières fermées. Je les entrouvre, et la réalité m'apparaît, aveuglante. Étendu sur une surface tiède, la clarté que je trouvais si attirante les yeux fermés se révèle une contrainte difficile à supporter. Où suis-je ? Je ne distingue pas les limites de l'endroit. J'ai beau, debout, tourner sur moi-même et scruter chaque point s'offrant à mes yeux, je ne perçois, à travers cette clarté oppressante, que le sol sous mes pieds. Je ne suis pas enfermé puisque aucun mur ne se dresse autour de moi. Mais je suis loin de la liberté. « Il y a quelqu'un ? » Aucune réponse, pas même l'écho. En marchant, toujours tout droit, dans la même direction, je finirai forcément par arriver à quelque chose. Au hasard, par-là.
